Que sont les « marqueurs en plastique » et pourquoi leur utilisation peut-elle constituer un délit ?
Avez-vous déjà vu des petits morceaux de plastique ou de papier insérés dans les portes des maisons ? Ce sont des « marqueurs » que les criminels utilisent pour vérifier si une maison est occupée .
Autrement dit : si le marqueur tombe, les voleurs sauront que quelqu’un a ouvert la porte, et donc que la maison est habitée.
Le tribunal provincial de Navarre a confirmé que cette pratique constitue le délit de complot en vue de commettre un vol avec violence dans une maison habitée, même si le vol n'est pas effectivement commis.
Le jugement ( n° 89/2024, du 25 avril ) confirme la condamnation d'un prévenu pour avoir placé ces marques sur plusieurs portes à Pampelune, en application des articles 17, 237, 238, 241 et 269 du Code pénal espagnol.
Les faits : comment le plan criminel a été découvert
En août 2017, la police nationale a surpris deux personnes : l’une surveillait l’extérieur du bâtiment, et l’autre plaçait des bâches en plastique transparent sur plusieurs portes pour vérifier quels étages étaient vides.
D'autres objets en plastique et un coupe-ongles utilisé pour les couper ont été saisis.
Le tribunal correctionnel n° 4 de Pampelune les a reconnus coupables de complot en vue de commettre un vol avec violence . La peine d'emprisonnement a été commuée en expulsion du territoire espagnol (article 89 du Code pénal), les accusés étant étrangers.

Pourquoi le fait de poser des bornes est-il maintenant un crime ?
L’article 17 du Code pénal définit le complot comme l’accord entre deux ou plusieurs personnes pour commettre un crime et la décision ferme de le mettre à exécution .
Bien que les actes préparatoires ne soient normalement pas punissables, le vol dans une maison habitée admet une punition dans la phase de complot (art. 269 CP).
Selon la Cour, le placement des marqueurs démontre l' existence d'un plan coordonné et d'une intention claire de voler , et ne constitue donc pas un acte innocent, mais fait partie du modus operandi du crime.
Le tribunal explique : « Il ne s’agit pas d’un acte neutre, mais d’une étape essentielle de la procédure pénale. »
Preuves circonstancielles : comment prouver un crime sans vol consommé
La défense a invoqué une violation du principe de la présomption d’innocence ( art. 24 CE ), la condamnation étant fondée sur des preuves circonstancielles.
Toutefois, la Cour rappelle la doctrine de la Cour suprême : les preuves circonstancielles sont valides dès lors qu’il existe des faits de base prouvés, un raisonnement logique et une motivation claire ( STS 29.10.2003 ).
Le tribunal a estimé que les preuves étaient suffisantes pour prouver le complot : le matériel saisi, le mode opératoire et la coordination entre les accusés.
Conclusion : Marquer les portes n'est pas une blague, c'est un crime.
Cette décision établit clairement que le fait de placer des marqueurs en plastique sur les portes des maisons constitue un acte criminel, même si le vol n'a pas lieu .
Les tribunaux espagnols appliquent le droit pénal de manière préventive, punissant les premières étapes des infractions lorsqu'il existe déjà un danger réel pour les biens et la sécurité des personnes.
En outre, cela renforce l'importance des preuves circonstancielles et montre comment l'article 89 du Code pénal peut avoir de graves conséquences personnelles pour les étrangers condamnés.
En bref : si vous voyez des marques sur votre porte, prévenez immédiatement la police .
Et si vous êtes accusé de complot, demandez conseil à un avocat spécialisé : les conséquences pénales et migratoires peuvent être très graves.