Actualités de Regueiro Delgado + Partners

Un acte notarié d'héritage est-il indispensable lorsqu'il n'y a qu'un seul héritier ?

Publié: 20 de octobre de 2025, 12:26
  1. Dernières nouvelles
Un acte notarié d'héritage est-il indispensable lorsqu'il n'y a qu'un seul héritier ?

Lorsqu'une personne décède et qu'il ne reste qu'un seul héritier , la question suivante se pose fréquemment :

Est-il obligatoire de formaliser l'acceptation et l'attribution par un acte notarié ?

Ou bien un document privé signé par cet héritier peut-il suffire pour accepter l'héritage et en demander l'enregistrement ?

La réponse est : cela dépend. Cela dépend des biens qui composent l’héritage (notamment s’il comprend des biens immobiliers), de l’existence d’héritiers réservataires, de la désignation d’un exécuteur testamentaire ou d’une personne chargée de distribuer l’héritage, et de l’intention éventuelle de faire valoir des droits ou d’intenter une action contre des tiers.

Cet article explique dans quels cas la prétention de l'héritier unique peut être suffisante, ses limites, ses risques et la documentation minimale requise.


La « voie exceptionnelle » : le cas de l’héritier unique ( art. 14 LH et art. 79 RH )

La règle générale pour l'enregistrement des biens immobiliers acquis par succession est que le transfert doit être enregistré dans un acte authentique (acte).
Toutefois, la loi hypothécaire (LH) prévoit une exception : l’art. 14.3º LH permet l’inscription en faveur de l’héritier lorsqu’il n’y a pas d’héritier légitime ou de personne désignée pour juger .

L'article 79 du Règlement hypothécaire (RH) précise cette exception : si les documents requis sont fournis et qu'il n'y a pas d'héritiers légitimes ou de commissaire désigné, le conservateur des hypothèques peut s'inscrire en faveur de l'unique héritier à sa demande.

REMARQUE : En pratique, l'authentification de la signature sur la demande est également requise.


Exigences relatives à la demande d'héritier unique :

L'option de l'héritier unique est une solution exceptionnelle et n'est suffisante que lorsque ses exigences légales sont strictement respectées.

Pour que la demande aboutisse (et évite un acte public), toutes les conditions suivantes doivent être remplies :

  1. Le demandeur doit être l’unique héritier, dûment accrédité par un titre successoral (testament valide ou déclaration d’héritiers) ;
  2. absence d’héritiers légitimes (personnes ayant droit à une part légitime) ;

  3. absence de commissaire ou de personne désignée pour statuer : c’est-à-dire que le testateur n’est pas tenu d’avoir désigné un comptable-partiteur ;
    Exception : lorsque, même avec une désignation, la seule personne intéressée par l'héritage est l'héritier lui-même.

  4. disposer des documents nécessaires : certificat de décès, certificat du Registre général des testaments et titre successoral ;

  5. légitimation de la signature de la demande (notariée ou d'enregistrement) ;

  6. que les biens immobiliers en question sont des biens déjà enregistrés au nom du défunt ;

REMARQUE : Ce formulaire ne convient pas à l'enregistrement de biens qui n'ont jamais été enregistrés au nom du défunt. (DGRN 14 décembre 2016). Si le bien n'était pas enregistré au nom du défunt, la procédure d'héritier unique sur demande n'est pas applicable pour ouvrir un folio d'enregistrement (DGRN 14-12-2016).

Contenu de l'instance

L'instance doit clairement identifier :

  • causal
  • héritier
  • titre de succession
  • actifs (avec les détails du registre le cas échéant)
  • déclaration expresse d'acceptation de l'héritage
  • Demande d'inscription.

En outre, pour vérifier la chaîne de titres de propriété et la conformité fiscale, les registraires peuvent également demander :

  • liste des actifs et des passifs
  • détails sur le décès
  • auto-évaluation ou preuve de l'impôt sur les successions

Un acte notarié d'héritage est-il indispensable lorsqu'il n'y a qu'un seul héritier ? - Imagen 1 Que se passe-t-il si l'héritage est composé de biens meubles ?

En matière de biens meubles, l'exigence d'un acte authentique n'est pas uniforme. Bien que la reconnaissance légale ne requière pas de procédure formelle, en pratique, un acte authentique est généralement conseillé pour faciliter les actions à l'égard des tiers .

À titre d’exemple, on peut observer les positions pratiques suivantes, qui sont toutefois susceptibles de varier selon le cas particulier :

a) Comptes bancaires et dépôts : légalement, il suffit de prouver le statut d’héritier et l’acceptation, mais de nombreuses institutions financières exigent un document public en raison de leurs politiques internes ;

b) Véhicules : la DGT accepte le changement de propriétaire en fournissant les documents de succession ; elle n’exige pas d’acte en soi , bien que certains sièges sociaux ou compagnies d’assurance puissent l’exiger en cas d’incidents ou de plusieurs parties intéressées ;

c) titres, actions et participations : les dépositaires ou les sociétés demandent généralement une documentation publique pour enregistrer le changement dans leurs registres ; dans ces cas, il est également conseillé de consulter les statuts de la société pour connaître les éventuelles limitations de transférabilité.

En résumé, en matière de biens meubles, une simple demande peut suffire dans certains cas, mais un acte authentique renforce la sécurité opérationnelle face aux banques, aux compagnies d'assurance ou aux entreprises.

Avantages et inconvénients

Avantages :

— des économies sur les frais de notaire ;

— une plus grande agilité et moins de paperasserie ;

— suffisant pour enregistrer les biens déjà enregistrés par le défunt.

Risques et limitations :

— c’est une voie exceptionnelle : exigences strictes et limitées ;

— une « acceptation opérationnelle » plus faible par rapport aux tiers : les banques, les dépositaires, les assureurs et les autres organismes préfèrent ou exigent généralement un document public

— il ne convient pas à l’enregistrement de propriétés « ex novo » ni aux rectifications complexes.

— Interprétation variable de l'enregistrement : dans les cas douteux, l'enregistrement peut être refusé et l'acte notarié sera nécessaire.

(Hypothèses contradictoires et doutes fréquents)

Que se passe-t-il si certains héritiers renoncent ou consentent ?

Même si les héritiers renoncent à l’inscription ou y consentent en faveur de l’héritier, la Direction générale de la sécurité juridique et de la foi publique (DGSJFP) a maintenu une position stricte : s’il existe des personnes ayant droit à une part légale, la procédure habituelle est un acte authentique ( Résolution du 7 juin 2023 (BOE 29-06-2023) , qui insiste sur le caractère exceptionnel du cas).

Et s'il y avait un entremetteur désigné ?

La règle générale exige un document écrit, mais l'article 79 du Règlement sur les hypothèques autorise une simple requête lorsque l'héritier est le seul intéressé . En pratique, son application se fait au cas par cas et dépend des critères du conservateur des hypothèques : son interprétation et les circonstances particulières déterminent la recevabilité d'une telle requête.

Et si le défunt était marié ?

Si le défunt était marié sous un régime de communauté de biens, la liquidation préalable des biens matrimoniaux est généralement obligatoire .
Toutefois, il existe des résolutions exceptionnelles ( RDGRN 10-09-2018 ) où l'enregistrement a été admis sur demande sans règlement préalable, mais il s'agit de cas particuliers et non d'une règle générale.

Conclusion

Selon la loi espagnole, un document public n'est pas toujours essentiel lorsqu'il y a un seul héritier : dans les cas prévus aux articles 14 LH et 79 RH, la demande de l'unique héritier peut être suffisante pour l'enregistrement.

Toutefois, il s'agit d'une exception, et son application exige le strict respect des conditions requises. Par conséquent, en cas de doutes, d'héritiers légitimes, d'administrateurs de succession, de biens non enregistrés ou de risques pour les tiers, il est conseillé de consulter un avocat spécialisé en droit successoral et foncier afin d'évaluer la marche à suivre la plus sûre et d'éviter des démarches inutiles.

Actualités associées

Licences de taxi : comment acheter, vendre ou transférer une licence sans problème 1 oct

Licences de taxi : comment acheter, vendre ou transférer une licence sans problème

L’achat ou la vente d’une licence de taxi peut sembler une opération assez simple : il y a un acheteur, un vendeur, un prix et une licence. Mais, en pratique, derrière la vente ou l'achat d'une licence de taxi peuvent se cacher de formalités administratives , d'obligations contractuelles , de
Usufruit viager donné du vivant : son incidence sur la répartition de l’héritage 11 sept

Usufruit viager donné du vivant : son incidence sur la répartition de l’héritage

Succession en Espagne : conséquences d'un usufruit viager donné du vivant Dans cet article, nous analysons l’arrêt du Tribunal suprême espagnol (STS 1134/2026, du 5 mars) et le critère retenu pour l’évaluation de l’usufruit viager aux fins du rapport successoral. Sommaire Pourquoi cette
Procurations préventives : comment éviter la tutelle après la loi 8/2021 8 mai

Procurations préventives : comment éviter la tutelle après la loi 8/2021

Sommaire Anticipez aujourd'hui pour éviter les problèmes de demain. Qu’est-ce qu’une procuration notariale préventive en Espagne? Contenu de la procuration préventive (1) Procuration avec clause de maintien en vigueur (2) La procuration préventive "pure" Limites et aspects à prendre en
Trust en Espagne : comment agir en justice et contre qui 23 mars

Trust en Espagne : comment agir en justice et contre qui

Les trusts représentent l’un des instruments les plus utilisés dans les systèmes de common law pour la gestion et la protection du patrimoine, ainsi que pour la planification successorale internationale. Si vous êtes un citoyen français ou francophone et que : vous possédez des biens en Espagne